Depuis mars 2020, l’« interdiction de voyager » est mise en place par les États-Unis, qui interdit l’entrée aux États-Unis à toute personne étrangère ayant séjourné en Europe (espace Schengen, Royaume-Uni et Irlande) au cours des 14 derniers jours. L’administration américaine a néanmoins prévu une série d’exceptions dans le cadre de l’« intérêt national » (« Exception d’intérêt national » ou NIE) pour assouplir le régime existant au cas par cas.
Changements dans l’affectation NIE
Le 3 mars 2020, Washington rebat les cartes : un nouveau cadre pour les exceptions d’intérêt national (NIE) s’impose. Désormais, des profils autrefois admissibles se voient fermer la porte. Parmi eux, on retrouve notamment les experts techniques, les spécialistes, les cadres dirigeants, mais aussi les traders et investisseurs, même détenteurs de visas. Les athlètes professionnels et ceux qui détiennent leurs droits sont également concernés.
Une exception demeure : il faut démontrer que le déplacement nourrit directement et de façon indispensable l’un des secteurs d’infrastructures jugés prioritaires par le Département de la sécurité intérieure. On parle ici de la chimie, des installations commerciales, des communications, des usines vitales, des barrages, de l’industrie de la défense, des services d’urgence, de l’énergie, des finances, de l’agroalimentaire, des bâtiments gouvernementaux, de la santé publique, de l’informatique, du nucléaire, des transports, de l’eau et de l’assainissement. La création ou la préservation d’emplois américains pèse aussi dans la balance.
D’autres voyageurs gardent leur accès à l’exception, notamment les étudiants, les universitaires, les journalistes, et ceux voyageant pour des motifs humanitaires, de santé publique ou liés à la sécurité nationale américaine. Un point rassurant : aucun visa ni NIE déjà délivré ne sera annulé à cause de ces nouveaux critères.
Ces changements ne modifient pas la situation pour les Français relevant des catégories suivantes :
- Citoyens américains ou résidents permanents légaux aux États-Unis ;
- Conjoints d’un citoyen américain ou d’un résident permanent ;
- Enfants mineurs de citoyens américains ou de résidents permanents ;
- Parents de citoyens américains ou de résidents permanents ;
- Professeurs de langues étrangères J1 parrainés par l’Ambassade de France, ou toute personne en déplacement pour soigner des patients atteints de COVID ou pour mener des recherches en santé publique.
Depuis le 27 mai, la liste des personnes pouvant prétendre à un NIE s’élargit, mais très marginalement : cadres dirigeants, immigrants et fiancés rejoignent les bénéficiaires potentiels.
Demander un NIE
La demande de NIE passe obligatoirement par la section consulaire de l’ambassade américaine à Paris. Jusqu’au 6 juillet 2021, l’accord n’ouvrait droit qu’à une seule entrée, pour trente jours. Ce cadre a changé : à présent, le NIE obtenu permet plusieurs entrées durant douze mois, rétroactivement pour les exceptions délivrées avant le 6 juillet 2021. La durée de séjour exacte sera décidée par les agents de la Customs and Border Protection (CBP) à l’arrivée.
Face à des délais de traitement parfois longs, une anticipation maximale s’impose. Rien ne garantit toutefois qu’un NIE soit accordé lors des demandes suivantes : chaque dossier fait l’objet d’une évaluation rigoureuse, au cas par cas.
Impossible de prendre un engagement ferme sur un voyage sans avoir reçu la confirmation officielle de l’exception par les autorités consulaires américaines. La section consulaire de Paris ne traite pas les requêtes émanant de voyageurs déjà présents aux États-Unis ou vivant hors de France. Aucune exception ne peut être obtenue avant de revenir en France, et rien n’assure qu’une demande aboutira ensuite.
Un point de vigilance, loin d’être anodin : toute personne actuellement aux États-Unis avec un visa E, H, L, O ou P ferait bien de rester sur place. Quitter le territoire, c’est risquer de ne pas pouvoir revenir avant longtemps, une réalité que de nombreux voyageurs ont déjà expérimentée à leurs dépens.
Dans ce contexte mouvant, voyager aux États-Unis demande une préparation minutieuse, une veille constante sur les consignes officielles et, surtout, une dose de patience. Le ciel américain n’a jamais été aussi réglementé, franchir l’Atlantique, désormais, c’est accepter de naviguer dans un univers où l’anticipation et la prudence font la loi.

